21 juillet 2008

J'ai tenté une relactation mais sans succès.

Je savais que ça serait très difficile. Mes objectifs étaient simples, si Corinne montrait des signes d'intérêt alors je me lançais à fond la caisse sinon, je ne m'embarquais pas là-dedans.
Corinne n'a jamais repris le sein. J'avais beau avoir du lait, elle ne voulait plus. J'ai stimulé un peu ma production en me disant que c'était parce que le réflexe d'éjection était parti mais ça n'a rien changé. Après plusieurs tentavives à la mettre au sein sans même l'ombre du début d'une têtée, j'ai laissé faire. J'aurais pu arrêter, dû arrêter le biberon pour la nourrir autrement le temps des essaies mais ça n'a pas été fait.

Ce n'est pas l'aspect physique de la chose qui m'a fait cesser les essaies, c'est le côté psychologique. Je pleure encore régulièrement quand je lui donne le biberon tant je me sens coupabe et poche. Si, après avoir re-stimuler ma production, tirer du lait de nouveau, je ne sais combien de boire avec un bebe hurlant et jamais de prise du sein j'avais dû encore arrêter, j'aurais été mûre pour l'hôpital psychiatrique. J'exagère à peine.
Quand j'ai arrêté, j'avais un sentiment de soulagement intense mélangé à une énorme culpabilité et déception. Mais plus le temps passe, plus j'oublie pourquoi je ne voulais plus allaiter et plus je me demande ce qui a bien pu me passer par la tête pour même penser arrêter. Je suis aller lire ce que j'avais écrit, ici et ailleurs, sur mon allaitement, pour me souvenir à quelle point j'étais ammoché. Je le confirme, c'était pas beau à voir. Plus que la fatigue et un bébé qui têtait une grosse heure et demi aux 2h30, c'est la douleur physique qui m'a complètement anéanti. J'étais en larme tellement ça faisait mal et pourtant je suis faite "tough", je suis capable d'en prendre. Pour donner une idée, accoucher j'ai trouver ça pas si mal que ça mais l'allaitement, j'avais l'impression que les seins allaient me tomber ou que le bébé sucait tellement fort que les instestins allaient me remonter. J'ai encore les yeux pleins d'eau quand j'y pense et la boule dans l'estomac et le coeur. C'est tellement difficile que je ne peux même plus voir quelqu'un allaiter, entendre parler d'allaitement ou me faire compter des histoires d'allaitement. Lâchez-moi le débat sur l'allaitement, je ne veux rien savoir, ni sur les bienfaits d'allaiter ni sur les bienfaits du biberon. Je fuis, littéralement, et je ne veux surtout pas connaître leur opinion. J'ai pas vraiment besoin de me faire dire que ma fille sera en santé quand même, qu'elle ne fera pas la différence au bout de la ligne et qu'elle est mieux avec moi en santé et un biberon qu'avec moi tout croche et pas disponible. Je le sais mais ça ne me réconforte pas.
Je n'écrirai plus là-dessus, faut vraiment que je passe à autre chose. Je commence à être drôlement fatigué de pleurer, de me culpabiliser et de me sentir comme une incompétente parce que je n'allaite plus. Pour quelqu'un qui ne l'a pas vécu ça doit être difficile de comprendre pourquoi, après 2 mois, je suis encore là-dedans. Je ne sais pas quoi répondre ou ajouter. Je fais les choses à mon rythme et que celles et ceux qui sont fatigués d'en entendre parler aillent voir ailleurs. N'empêche, je suis très beaucoup tanné de mal vivre avec ça. J'aurais aimé ça trouver du support en ce sens, mais ça n'existe pas. Ça l'air que le deuil de l'allaitement ça se vie seule dans son salon et donnant un biberon à son bébé.

3 élucubrations:

Anonyme a dit…

Salut !
Alors c'est un sujet clos.
Sans te connaître, j'ai pensé à toi quand mon chum est parti travailler ce matin. Je me suis mise à pleurer... Le week end a été trop court.
J'aimerais ça que tu nous parles du sommeil de Corinne. Moi, mon bébé m'étonne chaque jour, il fait ses nuits... Tout le monde me dit de ne pas prendre ça pour acquis. Ok, d'accord mais mon dieu que ça fait du bien !!!
Bonne journée !
Laetitia
PS : On pourrait se rencontrer avec nos bébés et nos poussettes.

small mama a dit…

Tout a été dit.
Je te souhaite de traverser ton deuil et d'arriver à passer à autre chose.
@ Anonyme: c'est vrai que certains lundi sont difficiles quand notre chum part travailler. J'arrive toujours pas à croire que certains pensent que nous sommes en vacances...
Allez les filles on lâche pas!!

Ysa_la_tite_mere a dit…

Je te fais un gros calin.